Surf / Mondiaux de Bodysurf en Californie

Bien que blessé à l'épaule, le bodysurfeur originaire de Bayonne, Fred David, sera présent en Californie aux côtés des sportifs de Biarritz et Anglet (DR).

Bien que blessé à l’épaule, le bodysurfeur originaire de Bayonne, Fred David, sera présent en Californie aux côtés des sportifs de Biarritz et Anglet (DR).

Ce week-end, tous les regards seront évidemment portés sur Fred David. A 28 ans, le jeune homme originaire de Bayonne va entrer dans les eaux californiennes avec le lycra du favori des championnats du monde. Un statut qui ne l’émeut pas plus que ça. «Etre champion du monde n’est pas un avantage, loin de là. Ce n’est pas mon objectif essentiel», assure-t-il lui qui reconnaît préférer glisser dans les vagues tubulaires de Pipeline à Hawaï que surfer le beach break californien. «J’aimerais avoir 1m50 qui déroule parfaitement… Ça ne sera donc pas comme ça à Oceanside ! Il va y avoir beaucoup de monde, une grosse adversité mais on sait déjà que les vagues ne vont pas être folles…»  Un bémol pour le moniteur de surf qui travaille à Soustons (Landes) qui reconnaît «ne pas être à l’aise quand c’est mou.» Le puriste, amoureux de l’Océan, n’en a pas moins de l’ambition. «C’est une compétition et je veux faire comme l’année dernière. » Entendez : être champion du monde. Pour y parvenir, Fred David peut se reposer sur « mon expérience» des grands rendez-vous. Lui, l’habitué des plus grandes compétitions internationales de bodysurf. Qui se réjouit de porter le béret français en cette fin de semaine aux Etats-Unis, «c’est un honneur.» 

Autre membre expérimenté de la sélection, Patrice Grieumard (Biarritz) participera, lui, à ses troisièmes mondiaux. Au pied du podium l’an dernier dans la catégorie 35-44 ans, le champion de France master se réjouit à l’idée «de participer à la plus ancienne compétition de bodysurf au monde encore en activité.» Membre de la première sélection tricolore aux Mondiaux, «en 1993 avec Olivier Trey, Franck Gonzales et Morgan Lacquet, nous avions été les premiers bodysurfeurs français à sortir de l’hexagone pour participer à une épreuve internationale. La boucle est bouclée.» Comme ses pairs, Patrice s’attend «à de petites conditions » en Californie, « à une forte concurrence à l’eau avec des bodysurfeurs californiens dont la plupart ont déjà remporté plusieurs titres là-bas.» Il espère surtout « passer les tours pour prendre du plaisir à bodysurfer durant la compétition.» Celui qui se considère comme «égoïste mais passez narcissique» affirme que le bodysurf international n’a pas attendu le titre mondial de Fred David pour reconnaître le talent des Français. «La France est reconnue comme un pays de bodysurf depuis plus de 20 ans grâce à ceux qui ont organisé les premières compétitions en France, aux étrangers venus en France, à ceux qui ont accueilli des Frenchies lors des déplacements en Californie ou à Hawaï, et plus particulièrement grâce aux riders français qui ont tenté et continuent à tenter l’aventure sans sponsor pour les accompagner mais avec l’aide de la FFS.»

Et si la Californie n’a jamais trop souri aux Français, exception faite de Fred David mais aussi de Joël Badina et de Frédéric Branger, Patrice Grieumard assure que c’est «le résultat d’ensemble de 2012 qui a été remarqué par les Californiens. On a atteint la finale avec Fred (David), et François Finon a été recalé à un point au total de notes des juges. Fred remporte une victoire avec le soutien de tous. Lorsqu’on atteint la dernière marche, la victoire n’est jamais très loin. Cela se joue sur des détails.» A la question de savoir qui peut être cette année champion du monde au sein de l’Equipe de France, Grieumard nous offre une dernière pirouette : «Tout le monde, sauf moi !»

Sans doute parce que Patrice Grieumard aura aussi un oeil sur son jeune fils, Paul (14 ans, Grande Plage Biarritz) lequel va découvrir le soleil californien et ses premiers championnats du monde. Et qui, comme son père, ne se prend pas la tête : «J’y vais en me disant que c’est une compétition comme une autre où je peux pratiquer ma passion en m’amusant, en prenant du plaisir.» D’autant qu’il ne sait «rien de la concurrence» mais qu’il espère «qu’ils me laisseront gagner !» Mais là n’est pas le but du jeune homme. «J’y vais pour prendre du plaisir à rider des spots que je n’ai jamais pratiqués, m’amuser, partager mes impressions en anglais avec les californiens de mon âge, faire mon max et revenir en France avec l’impression d’avoir tout fait et tout donné. Et puis je suis très fier de porter la tenue de l’équipe de France !» Endurant, rapide sur la vague et détendu, Paul va devoir faire preuve de davantage de concentration pour aller le plus loin possible dans la compétition.

Un autre Français s’apprête à fêter sa première sélection à Oceanside : Francklin Mérindol (Anglet Surf Club). L’Angloye, retenu par la Fédération pour ses récentes performances, avoue vivre «un rêve» à l’approche de l’évènement et se dit pressé de découvrir «des spots, des vagues, des gens heureux et une ambiance cool  » Comme tout sportif en compétition, Mérindol ambitionne «d’être sur la première marche du podium» lui qui assure tirer sa force «de la connection avec l’océan». Et si la victoire de Fred David l’an dernier, «ne peut être qu’un avantage personnel pour Fred et non pour le reste de l’équipe», Mérindol certifie qu’il se voit «aller jusqu’au bout.»

Cinquième et dernier qualifié pour les Mondiaux américains de ce mois d’août, Norbert Sénescat arrive de Tahiti où il participait le mois dernier aux championnats du monde de kneeboard (3e place en +28 ans), une autre discipline associée au surf qui se pratique à genoux sur sa planche. Véritable waterman et particulièrement polyvalent, le Réunionnais est également un très bon bodysurfer. En Californie, Norbert espère avant toute chose «se confronter aux meilleurs de la discipline» avec l’envie «d’aller le plus loin possible dans cette compétition.» Sans véritablement d’informations sur la concurrence, le Réunionnais sait néanmoins que la plupart «sont dans leur jardin puisqu’il y aura beaucoup d’Américains.» Patriote jusqu’au bout des palmes, Norbert Sénescat se félicite d’intégrer cette équipe de France où se mêlent «la jeunesse et la sagesse. J’essayerai de me glisser entre les deux.» Surtout, il espère que «Fred David pourra garder sa couronne. Il à toutes les qualités de glisseur pour y arriver, j’en suis sûr.»


[SPORT]Fred David aux Mondiaux de Californie… par cotebasquetv

Ajouter un commentaire